La faible estime de soi

 

L’estime de soi est généralement définie comme l’évaluation subjective de la personne sur sa valeur personnelle. Cette évaluation selon Rosenberg (1965) – l’un des pionniers dans la mesure du construit – peut se comprendre à partir des pensées et des sentiments qui habitent la personne par rapport à elle-même. Concrètement, nous pourrions affirmer que c’est l’estime de soi d’un individu qui l’aide à répondre à des questions du type : suis-je aimé?  Ou bien, suis-je digne d’amour? Lorsqu’un individu possède une estime de soi favorable au sentiment de bien-être, il est capable de faire des choix alignés à ses besoins, à se tenir loin des exigences de perfection, ou encore, à faire respecter ses limites personnelles.

Lorsqu’elle est faible, l’estime de soi d’une personne peut être l’une des causes de sa souffrance. Elle peut par exemple l’amener à avoir un discours interne très critique et à se concentrer sur ses erreurs tout en trouvant difficile d’éprouver de la fierté pour ses accomplissements. Au quotidien, elle nourrit donc le vague sentiment d’être inadéquat ou d’être indigne d’amour et de bonheur.

Expérience de la vie courante chez certaines personnes, une faible estime de soi est un symptôme plutôt qu’un trouble clinique à part entière. Précisément, il est juste de mentionner qu’une faible estime de soi est associée à diverses problématiques, telles que : les troubles de l’anxiété, les épisodes dépressifs, certains troubles de la personnalité (par exemple : personnalité limite) ou les troubles de l’alimentation, sans en être la manifestation exclusive. Pour certains clients, l’estime de soi faible est assez centrale à leur expérience, ce qui les amène à l’aborder dès les premières séances ou encore, à en faire un motif de consultation clair. Pour d’autres, c’est en explorant les événements de la vie quotidienne comme en élucidant la façon dont la personne régule sa perception de soi lorsque confrontée à des situations difficiles qu’on peut observer si une estime de soi faible semble présente.

Certains facteurs de risque peuvent encourager le développement d’une estime de soi faible. Parmi ceux-ci, on y compte différents types d’abus dans l’enfance (émotionnel, sexuel ou physique), des difficultés scolaires et le fait d’avoir été victime d’intimidation. Ces expériences, bien que passées, peuvent continuer d’influencer le bien-être de la personne devenue adulte qui nourrit – probablement sans s’en rendre compte – des idées péjoratives à son sujet, idées ayant été intériorisées plus tôt. Chez quelques-uns, certaines situations contemporaines comme être dénigrée par un partenaire amoureux ou au travail peuvent introduire ou accentuer l’impression d’avoir une mince valeur.

L’estime de soi est complexe et intimement liée à nos expériences relationnelles tout au long de notre vie. Ceci peut l’amener à fluctuer au fil du temps et il semblerait que, naturellement, elle augmente un peu avec les années. Or, pour certains, un réel changement positif se produit à l’aide de la relation thérapeutique qui est la relation entre un client et son thérapeute. Des attitudes, chez le psychologue, telles que la capacité à porter sur son client un regard positif inconditionnel ou un engagement sincère à explorer avec curiosité et empathie son vécu favorisent l’établissement d’un lien de confiance qui peut, avec le temps, infuser chez le client un sentiment de valeur. Bien que plusieurs types de psychothérapie aient su démontrer leur capacité à travailler cette problématique (par exemple : approches cognitives ou humanistes), améliorer l’estime de soi semble avant tout être un enjeu à explorer à l’intérieur d’une relation sécurisante, ce qui rend toutes les approches thérapeutiques favorables. L’un des puissants outils d’un travail de fond sur l’estime de soi est donc la compassion du clinicien que le client pourra graduellement imiter et transformer en auto-compassion.

 

Texte rédigé par Cindy Côté, doctorante en psychologie

Liste des professionnels traitant cette problématique:
(28 professionels)

Psychologues
Psychothérapeutes
  • Monique Doré, M.S.S. Travailleuse sociale, Thérapeute Conjugale et Familiale/Psychothérapeute, Membre de l'Ordre des Travailleurs Sociaux et des Thérapeutes Conjugaux et Familiaux du Québec (OTSTCFQ) Permis de l'Ordre des psychologues du Québec:numéro:60007-12
  • Stéphane Frigon, M. Sc Travail Social/Maitre en criminologie/psychothérapeute. Membre de la Société Québécoise des Psychothérapeutes Professionnels (S.Q.P.P). Membre de l'Ordre des Travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec.
  • Ivan Rodrigo Gonzalez Loyola Pérez, Licence psychologie, psychothérapeute. Inscrit au registre de psychothérapeutes de l'Ordre de psychologues du Québec.
  • Suren Gyumishyan, DESS psychologie clinique/psychothérapeute
  • Vera Heller, Ph.D. Thérapies expressives/ Travailleuse sociale, psychothérapeute/ Art-thérapeute/ Permis de l’Ordre des Psychologues # 60103-12
  • Michèle Turcotte, Psychothérapeute, thérapeute conjugale et familiale et travailleuse sociale. Permis de pratique de la psychothérapie de l'Ordre des Psychologues du Québec.