Les achats compulsifs - le magasinage compulsif

Nous vivons dans une société de consommation qui cherche à stimuler notre intérêt à acheter une panoplie de biens.   Si la plupart des gens réussissent tant bien que mal à équilibrer leur budget (on sait que le taux d’endettement des ménages au Québec est plutôt élevé), certaines personnes montrent bel et bien une perte de contrôle quant à leurs achats.

Le syndrome d’achats compulsifs  se caractérise par des épisodes répétitifs durant lesquels une personne succombe à un désir – vécu comme irrésistible – d’acheter des biens.  

Des recherches indiquent que 1.1% de la population mondiale est affecté par ce syndrome et que celui-ci touche en majorité les femmes.  Plusieurs psychologues constatent que ce problème est corrélé à la dépression.  D’autres chercheurs le voient comme un problème analogue aux dépendances aux drogues ou au jeu et d'autres le relient au trouble obsessionnel-compulsif (TOC).   Certains psychologues associent plutôt les achats compulsifs à un trouble du contrôle des impulsions.  La personne affectée montrerait un problème à inhiber l’impulsion du moment d’acheter des objets.  Ou encore, elle rechercherait surtout le sentiment d’euphorie vécu au moment de l’achat pour compenser un ensemble d’émotions négatives qu’elle ne saurait canaliser.  Enfin, d’autres auteurs attirent l’attention sur le fait que nous vivons dans une société matérialiste : pour plusieurs, la consommation, le statut social, la belle apparence, l’accumulation de biens et le fait d'exhiber ceux-ci serait confondu avec le bonheur.  

Quoi qu’il en soit, un des symptômes du syndrome de magasinage compulsif est qu’il s’agit surtout d’un comportement d’acquisition qui se distingue de d’utilisation des biens : une fois achetés, ceux-ci sont relativement peu ou mal utilisés, ils sont  délaissés, l’intérêt de l’acheteur compulsif se dirigeant ensuite vers d’autres achats.   Les biens achetés ne sont en général pas essentiels telle l’épicerie de la semaine : ils peut s’agir de vêtements à la mode, de bijoux, d’appareils photos ou informatiques coûteux etc.  Par exemple, l’achat d’un ordinateur est devenu un geste courant de nos jours, seulement, pour une personne disons de la classe moyenne avec des besoins « moyens » en la matière, est-il nécessaire d’acheter l’ordinateur avec écran le plus grand et processeur le plus puissant du marché ?  Même chose pour l’achat d’une automobile ou d’une robe?   En matière de consommation, il faut  savoir résister aux pressions de certains vendeurs, mais surtout, il s'agit de résister intérieurement au désir d'acheter l'objet idéal.

Ainsi, un autre symptôme spécifique aux achats compulsifs est que le montant des achats dépasse exagérément le budget que peut réalistement se permettre l’acheteur. Conséquence : celui-ci développera inévitablement des problèmes financiers importants, desquels il ressentira de l’impuissance, de la honte et de l’anxiété.  L’acheteur compulsif pourra ensuite se faire des promesses à lui-même de ne plus recommencer….pour passer outre quelques jours plus tard et recommencer le cycle.     En plus des problèmes financiers, les achats compulsifs pourront affecter la vie de couple, un des conjoints ayant accumulé des dettes qui grèveront douloureusement le budget familial.

Pour contrôler leurs achats, certaines personnes utilisent des trucs qui fonctionnent : établir une liste et un budget avant de se rendre au magasin, magasiner entre amis et se limiter réciproquement dans leurs achats ; ne pas acheter la journée même pour se donner le temps de réfléchir ; ne jamais payer à crédit mais en argent liquide etc. 

Si ces trucs ne fonctionnent pas et/ou si une personne reconnaît avoir un problème d’achats compulsifs, une démarche auprès d’un psychologue ou d’un psychothérapeute pourra probablement  être utile.  Certains problèmes d’achats compulsifs dissimulent souvent une blessure psychologique que la psychothérapie permettra de dévoiler et de traiter.  Celle-ci pourra aussi favoriser une introspection chez la personne afin de lui permettre d’aborder ce qui a manqué dans sa vie et ainsi mieux connaître ses vrais désirs.  Une psychothérapie pourra identifier les pensées, émotions et besoins non-résolus qui stimulent la compulsion d’acheter.   Certains psychothérapeutes pourront aussi cibler le comportement et le contrôle des impulsions avec des exercices, par exemple se rendre dans des magasins pour tester sa résistance à l’achat.

Liste des professionnels traitant cette problématique:
(3 professionels)

Psychologues
Psychothérapeutes
  • Stéphane Frigon, M. Sc Travail Social/Maitre en criminologie/psychothérapeute. Membre de la Société Québécoise des Psychothérapeutes Professionnels (S.Q.P.P). Membre de l'Ordre des Travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec. Permis de psychoth