L'état de stress post-traumatique

L'état de stress post traumatique (ESPT) est un trouble psychique apparaissant suite à l'exposition à un évènement traumatique (évènement qui est subit, qui crée des blessures ou qui menace la sécurité ou la vie tel un accident grave, une agression - ou évènement grave dont quelqu'un peut être témoin-  face auquel l'individu éprouve des sentiments intenses de peur, d'horreur ou d'impuissance).  Il s'agit d'un trouble qui existe et qui est identifié depuis très longtemps, mais qui portait auparavant le nom de psychose traumatique. Ce trouble était principalement reconnu chez les soldats qui revenaient de la guerre et qui présentaient des symptômes spécifiques à leur retour. Aujourd'hui, l'état de stress post-traumatique est reconnu comme pouvant affecter n'importe quel individu, y compris les enfants, ayant vécu ou ayant été témoin d'une situation traumatique.  La définition de ce trouble a d'ailleurs été élargie avec l'arrivée de la dernière version du manuel des troubles mentaux (DSM-V) et elle inclue maintenant les individus ayant appris qu'un évènement traumatique s'est produit ou ayant été exposés de manière répétée aux détails aversifs d'évènements traumatiques (les enfants de parents traumatisés ou les ambulanciers, par exemple). Ce trouble toucherait deux fois plus de femmes que d'hommes et il faut également noter que, bien que près de 50% de la population soit exposée à un moment ou à un autre à un évènement traumatique, seulement 20% de ces personnes développeront un ESPT, ce qui porte à environ 10% la prévalence de ce trouble dans la population générale. Les symptômes peuvent apparaitre immédiatement suite à l'évènement ou plusieurs semaines ou mois plus tard.

Les personnes présentant un état de stress post traumatique présentent en général trois catégories de symptômes.  (1) Reviviscences : elles revivent constamment l'évènement traumatisant (sous forme de rêves, flashbacks ou  impressions que l'évènement est sur le point de se reproduire); (2) Évitement : elles tentent d'éviter les situations liées à évènement et; (3) Activation neurovégétative : elles présentent des manifestations d'anxiété.  Ainsi, les personnes affectées peuvent rêver ou faire des cauchemars apparentés à l'évènement, avoir des images de l'évènement qui resurgissent et qui les envahissent (flashbacks), elles peuvent soudainement se sentir en grande détresse, comme si l'évènement allait se reproduire, ces symptômes étant exacerbés lorsqu'elles sont en présence d'indices apparentés à l'évènement traumatique en question. Les enfants peuvent quant à eux mettre en scène de manière répétitive des aspects de l'évènement traumatique dans leur jeu, par exemple.

Les personnes traumatisées peuvent donc essayer d'éviter les situations qui peuvent s'apparenter à l'évènement traumatique et ainsi déclencher la réactivité physiologique et la détresse associée au fait de revivre l'évènement.  Elles peuvent tenter d'éviter de parler de l'évènement, de penser à celui-ci, tenter d'éviter les émotions associées à celui-ci et/ou éviter certains endroits ou certaines personnes ayant un rapport avec le traumatisme.  Il arrive d'ailleurs qu'il soit vraiment impossible pour la personne de se rappeler certains aspects de l'évènement traumatique. Les personnes vivant avec un ESPT  peuvent montrer une sorte d'anesthésie des émotions, comme si pour se protéger des sentiments pénibles,  tous les sentiments se retrouvent bloqués, même ceux qui sont positifs.  Ces personnes peuvent ainsi se sentir étrangères aux autres, ou incapables de se connecter aux autres avec affection, empathie et amour.  L'ESPT entraine également souvent un sentiment de désespoir face à l'avenir.  Ces symptômes peuvent être très difficiles à vivre pour la personne et pour son entourage et ainsi entrainer des répercussions sur sa vie sociale, amoureuse et/ou professionnelle.  Finalement, les symptômes d'anxiété peuvent prendre la forme d'insomnie, de difficultés de concentration, d'irritabilité, d'hypervigilance face à l'environnement (perçu comme dangereux) ou  de réactions involontaire de sursaut. 

Par exemple, Denis (nom fictif) a été témoin d'un horrible accident de la route alors qu'un automobiliste est décédé devant lui.  Deux mois après cet évènement, il éprouve lui-même des palpitations, sueurs et sensations d'étouffer lorsqu'il conduit son auto.  Il ne prend celle-ci qu'en cas d'absolue nécessité, mais ceci a entrainé qu'il a refusé des contrats importants pour son travail.  Comme piéton, il trouve difficile de traverser la rue.  En ville, il se sent constamment "sur le radar".   Denis dors mal et l'image du conducteur ensanglanté lui revient plusieurs fois par jour, malgré qu'il essaie de la chasser.    En famille, il est devenu très impatient avec les enfants et sa conjointe ne le reconnait plus.  Souvent, Denis sursaute s'il entend un bruit sec venant de l'extérieur, il pense immédiatement qu'un accident est survenu, il ne peut s'empêcher d'aller scruter les environs et cela lui prend une heure pour se calmer.  Devant la TV, il devient parfois absent et figé, le bruit d'une sirène d'ambulance dans une émission ayant suscité cette chaine d'images horribles qu'il ne veut tellement plus voir.   Denis non plus ne se reconnait plus.  Il n'est pas bien nulle part.  Il craint de devenir fou et de ne plus pouvoir travailler du tout.

En résumé, on peut décrire l'état de stress post-traumatique comme une réaction de survie de l'organisme et du psychisme face à un évènement.  Celui-ci aura été tellement traumatique qu'il reste "vivant" dans la mémoire à court terme de l'individu, déclenchant chez lui des réactions propres à l'anxiété (fuir, figer ou combattre).  On dira que l'évènement n'est pas intégré, n'est pas digéré psychiquement et n'est pas intégré comme un souvenir, le cerveau le revivant constamment comme s'il était omniprésent ou imminent.

Lorsqu’un évènement traumatique survient, il est normal pour la plupart de gens de se sentir très bouleversé.   Dans les heures et les jours qui suivent un tel évènement,  il est normal de montrer de l'agitation, de l'amnésie et/ou des signes d'anxiété.  Il est normal de revivre ou de revoir mentalement l'évènement (tel qu'expliqué plus haut), de ressentir de la détresse lors de situations qui rappellent l'évènement, ou, de présenter ce que l'on appelle des symptômes dissociatifs (torpeur, d'anesthésies de émotions, perceptions que l'environnement est irréel, perceptions de ne pas habiter son propre corps, ou perceptions d'être "à côté" de son corps).   Même si elles peuvent être classées dans le diagnostic d'"État de stress aigu" dans le mois qui suit l'évènement,  ces réactions sont des réactions normales (c'est l'évènement traumatique qui est  anormal!) et elles s'estompent habituellement en quelques jours/semaines.   Par contre, si les symptômes durent plus d'un mois, un diagnostic d'ESPT pourra alors être posé par un médecin, un psychiatre ou un psychologue.    La majorité des troubles d'ESPT surviennent après le mois consécutif à l'évènement traumatique, toutefois, certains individus auront à ce point anesthésié et oublié l'évènement, que l'ESPT resurgira  des mois, voire des années, après ledit évènement (on parlera d'ESPT à survenue différée).

Sur le plan de la médication, de récentes recherches indiquent que la prise de bêtabloquants est préférable à celle de benzodiazépines dans la phase suivant immédiatement l'évènement, cela pouvant prévenir l'apparition d'un ESPT.  Par ailleurs, une fois l'ESPT déclaré,   il n'existerait pas de traitement pharmacologique de fond spécifique à ce trouble.  La prise d'antidépresseurs et/ou d'anxiolytiques n'a été prouvée efficace que pour diminuer les symptômes périphériques de l'ESPT (ex: les symptômes dépressifs associés ou l'insomnie).  Il arrive que les symptômes se résorbent d'eux-mêmes avec le temps, mais il est recommandé de consulter un professionnel en psychothérapie (psychologue/psychothérapeute) lorsque des symptômes d'ESPT sont présents et persistent.

La psychothérapie est reconnue comme efficace pour traiter l'ESPT, notamment la psychothérapie cognitive-comportementale orientée sur le trauma (TF-CBT), ainsi que l'approche EMDR, qui sont à ce jour les traitements le plus appuyés par les études scientifiques.   D'autres approches centrées sur l'analyse et la reconstruction d'un passé traumatisant, telle l'approche psychodynamique,  sont aussi valables et ont aussi fait leurs preuves (dans des cas d'inceste, relations familiales dysfonctionnelles, négligence,  violence psychologique intrafamiliale par exemple).  Les principes directeurs utilisé par les psychologues et psychothérapeutes seront d'aider la personne; à verbaliser, à mentaliser et à intégrer l'évènement dans sa mémoire à long terme et/ou à se désensibiliser, à mobiliser ses ressources psychiques à pouvoir affronter les situations liées à l'évènement; ceci dans l'optique qu'elle reprenne le cours d'une vie normale.

Liste des professionnels traitant cette problématique:
(18 professionels)

Psychologues
Psychothérapeutes
  • Julie-Edith Gauthier, Sexologue et psychothérapeute
  • Suren Gyumishyan, DESS psychologie clinique/psychothérapeute
  • Vera Heller, Ph.D. Thérapies expressives/ Travailleuse sociale, psychothérapeute/ Art-thérapeute/ Permis de l’Ordre des Psychologues # 60103-12
  • Sébastien Simard, TS, MSS, Psychothérapeute Membre de l'Ordre des Travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux. Permis de psychothérapie de l'Ordre des psychologues du Québec
  • Linda Smith, B.Ps Psychothérapeute/ Baccalauréat en psychologie/Permis de l'Ordre des Psychologues # 60044-12