Le trouble bipolaire (Maniaco-dépression)

Le trouble bipolaire, aussi appelé maniaco-dépression, est un trouble mental qui a été décrit dès l'antiquité. En effet, dès cette époque Arétée de Cappadoce, un célèbre médecin grec, remarquait des patients qui alternaient entre un état de bien-être et de dynamisme intenses et un état de dépression. Il fut le premier à proposer que l'alternance de ces deux états pouvait être deux phases d'une seule et même problématique.

Le trouble bipolaire est encore aujourd'hui décrit comme l'alternance entre des épisodes de manies et de dépression. On distingue deux types de troubles bipolaires. Le type I peut être diagnostiqué dès le premier épisode de manie. L'épisode maniaque peut ou non être précédé ou suivi d'un épisode dépressif majeur ou d'un épisode hypomaniaque (l'hypomanie est caractérisée par une humeur expansive ou irritable, une réduction des besoins de sommeil et une énergie décuplée.

Le type II est un diagnostic posé lorsque la personne présente ou a déjà présenté au moins un épisode hypomaniaque ET un épisode de dépression majeure, mais sans jamais répondre aux critères de l'épisode maniaque.

Finalement, il existe aussi le trouble cyclothymique, qui est caractérisé par des symptômes dépressifs et des symptômes maniaques (présents depuis au moins deux ans), mais qui n'ont jamais été assez intenses pour répondre aux critères d'un épisode maniaque, hypomaniaque ou dépressif majeur.

Les symptômes qu'il est possible de présenter lors d'un épisode maniaque sont d'avoir une humeur anormalement élevée. Les personnes atteintes montrent estime de soi gonflée, un sentiment de toute puissance, une réduction du besoin de dormir, un besoin de parler élevé (logorrhée) et une labilité émotionnelle.  Ils peuvent également présenter une accélération de la pensée et des fuites d'idées, c'est-à-dire avoir des idées qui n'ont pas de suite logique, être plus distraits qu'à l'habitude et s'impliquer fortement dans des activités ou des projets comme l'école, le travail ou des projets artistiques. Lors de tels épisodes, il arrive également que, la personne s'engage dans des activités qui peuvent avoir de lourdes conséquences (dépenses démesurées, sexualité à risque, conduite dangereuse, etc.).  Des éléments psychotiques peuvent survenir et entrainer un trouble du cours de la pensée tel un délire de grandeur ou de persécution (la personne perd le contact avec la réalité, s'imagine qu'elle pourra facilement devenir une vedette de cinéma, devenir première ministre, faire le tour de la terre en jogging ou, du côté paranoïaque, elle peut s'imaginer que ses voisins sont des espions, que le démon est entré dans les chiens qu'elle aperçoit dans la rue, ou que des personnages de la télévision veulent la tuer.

Par exemple, Tania (nom fictif), une jeune fille de 25 ans ayant rompu soudainement avec son copain de longue date, ne ressent aucune tristesse suite à sa rupture. En fait elle ne s'est jamais sentie aussi bien de toute sa vie. Elle sait bien que cela est anormal compte tenu de sa rupture et elle n'ose donc pas trop en parler à son entourage. Elle sent constamment une euphorie, elle a de l'énergie alors qu'elle ne dort que deux ou trois heures par nuit. Elle sent qu'elle peut tout accomplir et que rien n'est à son épreuve. Elle a donc profité de cette nouvelle énergie pour prendre un emploi dans un bar en plus de son emploi de jour. En revenant chez elle, elle s'engage dans un programme d'entrainement intensif et fracasse des records alors qu'elle n'était pas tellement sportive auparavant. Elle sort dès qu'elle en a l'occasion et rencontre plein de nouvelles personnes. Elle adore ce nouveau mode de vie, mais certaines choses l'inquiètent et inquiètent son entourage. Elle n'a plus ses règles alors qu'elle n'est pas enceinte et elle a perdu beaucoup de poids alors qu'elle n'avait pas de surplus de poids et qu'elle n'a pas fait de régime. Elle s'est blessée en courant, car elle a fait des longues distances à la course sans jamais avoir préparé son corps à ce genre d'exercice. Ses parents trouvent également qu'elle est un peu trop frivole et qu'elle prend des risques lorsqu'elle sort. Elle va dormir chez des inconnus, conduis sa voiture alors qu'elle a bu et qu'elle n'a pas dormi, dépense tout l'argent de son deuxième emploi dans les bars, a des relations sexuelles non protégées, etc. Tania, elle, redoute le "retour à la réalité". Elle a peur de trouver sa vie moche lorsque son humeur reviendra à la normale.   Elle ne veut pas que ça arrête.

Ensuite, la différence entre l'épisode maniaque et hypomaniaque est, premièrement, la durée (4 jours au lieu d'une semaine) et deuxièmement, l'intensité. En effet, dans l'épisode hypomaniaque les symptômes ne sont pas assez intenses pour altérer le fonctionnement social ou professionnel ou pour nécessiter une hospitalisation.  Aussi, à la différence de la manie, l'hypomanie ne comporte pas de symptômes psychotiques.

Les symptômes que présente Tania pourraient donc s'apparenter plutôt à un épisode hypomaniaque. Par contre, si elle en venait à manquer le travail pour faire la fête, à engueuler des inconnus en leur attribuant des intentions malveillantes et à partir en Californie dans le but de vivre des aventures extraordinaires avec des vedettes de cinéma, on parlerait d'épisode maniaque.

Un problème fréquent des personnes en état d'hypomanie ou de manie est qu'ils ne reconnaissent pas leurs symptômes comme relevant d'un trouble mental.  Le sentiment d'énergie décuplée qu'ils ressentent est tellement gratifiant au point que ces personnes cherchent à maintenir cet état très excitant.  Et le sentiment de toute puissance entraine, quant à lui, l'impression chez la personne qu'elle n'est pas malade (au contraire, elle se sent supérieurement intelligente).  La négation de la maladie est donc fréquentes chez ceux qui en sont atteint.   Souvent, l'entourage s'inquiète du comportement de la personne atteinte et le problème est que celle-ci ne voudra absolument pas consulter.  Dans d'autres cas, une personne diagnostiquée pourra arrêter de prendre ses médicaments et, l'euphorie revenant, en arriver à penser qu'elle est guérie.  Il arrive parfois malheureusement que l'état de la personne se détériore jusqu'à de l'apparition de symptômes psychotiques (délires de grandeur, de persécution pouvant mettre la vie ou la sécurité de la personne en danger).  À cette étape, l'entourage doit contacter les services médicaux pour forcer l'hospitalisation de la personne en manie.

L'épisode dépressif majeur, quant à lui, est caractérisé par des symptômes opposés. Ainsi, la personne peut se sentir démotivée, manquer d'énergie, avoir des idées noires ou des idées suicidaires, avoir des problèmes de sommeil ou d'appétit, perdre l'intérêt pour les activités qu'elle aimait, etc.

Les troubles bipolaires se traitent à la base avec une médication. On parle des thymorégulateurs (stabilisateurs de l'humeur) ou des antipsychotiques. Ces médications ont une efficacité démontrée, mais présentent des effets secondaires importants, dont la prise de poids et la sédation.

La psychothérapie a également été démontrée comme efficace pour traiter les troubles bipolaires (en complément avec un traitement par médication).  D'une part, les psychothérapies peuvent aider la personne à diminuer son anxiété et ainsi prévenir les rechutes. D'autre part, il a été démontré que la psychothérapie peut diminuer l'impact de la maladie sur le quotidien de la personne. Le principe en psychothérapie est de régulariser la vie de la personne afin de minimiser les excès dans un sens ou dans l'autre. Ainsi, le psychologue ou le psychothérapeute mise sur l'identification de signaux qui indiquent une récidive, un contrôle des facteurs qui peuvent déclencher un épisode maniaque ou dépressif, une régularisation de la vie sociale, affective et professionnelle, etc.

Liste des professionnels traitant cette problématique:
(10 professionels)

Psychologues
Psychothérapeutes
  • Stéphane Frigon, M. Sc Travail Social/Maitre en criminologie/psychothérapeute. Membre de la Société Québécoise des Psychothérapeutes Professionnels (S.Q.P.P). Membre de l'Ordre des Travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec. Permis de psychoth
  • Suren Gyumishyan, DESS psychologie clinique/psychothérapeute
  • Sébastien Simard, T.S/M.S.S/Psychothérapeute Membre de l'Ordre des Travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux Permis de psychothérapie de l'Ordre des psychologues du Québec