L'inceste

 

L’inceste est qualifié par certains comme étant la plus grande trahison à laquelle une personne peut faire face au cours de sa vie. Qu’il s’agisse d’inceste entre un père et sa fille ou un père et son fils, entre une mère et sa fille ou une mère et son fils, entre l’un des grands-parents et son petit-fils ou sa petite-fille ou encore, entre un frère et une sœur, cette expérience amène des conséquences qui peuvent encore avoir des répercussions dans la vie actuelle de la personne.

De nombreuses réactions peuvent apparaitre lorsqu’un membre d’une famille a trahi la  confiance et la candeur d’un enfant et ce, même si un seul évènement s’est produit.

La peur des gens et le sentiment de devoir toujours se protéger peuvent être présents. La personne pourrait ainsi vivre dans une peur constante et pourrait peut-être aussi avoir perdu confiance dans un monde juste et sécuritaire, ce qui affecte son bien-être.

De plus, la personne pourrait vivre le sentiment que ses proches ne la croient ou qu’ils minimisent la situation lorsqu’elle leur a dévoilé l’inceste. Si elle a l’impression qu’elle est la seule personne qui perçoit clairement la réalité, cela pourrait la mener au doute d’elle-même et donner lieu à la difficulté de faire confiance à ses propres émotions et à ses propres perceptions.

Elle pourrait aussi vivre constamment de la tristesse ou avoir plusieurs émotions d’une intensité telle qu’elles pourraient amener des commentaires ou de l’incompréhension de sa part ou de la part de son entourage, ce qui pourrait la porter à s’isoler. D’autre part, il est aussi possible que la personne réagisse en ne ressentant aucune émotion et qu’elle vive dans un constant détachement puisqu’en ce faisant, cela lui permet de se protéger psychologiquement ou encore d’intégrer ce qu’elle a vécu. Il est normal qu’elle se sente en choc si un membre de sa famille a commis des gestes incestueux à son endroit.

La personne pourrait aussi ressentir de la honte et de l’humiliation parce qu’elle aurait ressenti un plaisir sexuel, ce qui est une réponse physiologique normal lorsque le corps est stimulé sexuellement. De plus, il est possible que la personne se sente coupable de ce qui est arrivé, alors que le seul responsable est celui ou celle qui l’a agressé sexuellement dans son enfance. En effet, l’agresseur est responsable à 100%.

Il pourrait aussi être possible que la personne ressente beaucoup d’anxiété en plus de vivre dans un certain état de désorganisation et ainsi avoir besoin de reprendre du contrôle sur sa vie et développer sa capacité à prendre soin d’elle.

De nombreuses autres réactions peuvent être possibles; ne pas aimer se faire toucher, vivre une colère intense qui émerge parfois de façon incontrôlée et sans raison apparente, éprouver un sentiment de culpabilité, etc.

Si la personne a vécu une expérience d’inceste dans son enfance, elle ne peut pas arracher cette ultime trahison de son vécu personnel et elle ne peut malheureusement pas changer la réalité de ce qui lui est arrivé mais elle peut en venir à l’accepter, à changer les rapports qu’elle entretien avec cette histoire, à modifier les effets que ces évènements ont sur sa vie et à redéfinir les relations avec les membres de son entourage, particulièrement avec les membres de sa famille.

Pour que des changements personnels soient authentiques et intégrés à sa vie, il est possible que la personne ait besoin de temps et d’aide pour explorer et mettre à l’essai d’autres comportements.  Des services de psychothérapie offerts par un-e psychologue ou  un-e psychothérapeute pourront contribuer à :  

◊   réduire le sentiment d’isolement

◊   normaliser les réactions

◊   informer sur les conséquences liées à l’inceste

◊   aider à identifier et à exprimer les émotions

◊   reconnaitre  et surmonter l’expérience traumatique

◊   remettre en question les distorsions cognitives

◊   modifier divers comportements au besoin

◊   ranimer l’espoir

 

Texte rédigé en 2015 par Nadia Perreault, psychologue, pour la Clinique de psychologie Villeray Petite-Patrie.

 

Quelques sources documentaires :

Document de formation sur l’intervention psychosociale auprès des victimes d’agression sexuelle, Dépôt légal – 1er trimestre 2003 / Bibliothèque nationale du Québec/ Bibliothèque nationale du Canada/ ISBN : 2-89340-083-3

Document de formation du Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal (CVASM) (2012)

Forward, S, et Buck, C. (1987), Betrayal of innocence – Incest and its dévastation, Penguin Book, USA.

Le journal d’Hermine – Les 3 singes – sur le site Internet de la RIA (Rescapés d’Inceste et d’Abus sexuels) à Saint-Brieuc en Bretagne.

Miller, A. (2009) Le drame de l’enfant doué, Presse universitaire de France, Paris.

 

Quelques sources internet :

Site Internet du Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal (CVASM)

Site Internet de la Table de concertation sur les agressions à caractère sexuel de Montréal

Site Internet de Trêve pour Elles (Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel)

Liste des professionnels traitant cette problématique:
(18 professionels)

Psychologues
Psychothérapeutes
  • Monique Doré, M.S.S. Travailleuse sociale, Thérapeute Conjugale et Familiale/Psychothérapeute, Membre de l'Ordre des Travailleurs Sociaux et des Thérapeutes Conjugaux et Familiaux du Québec (OTSTCFQ) Permis de l'Ordre des psychologues du Québec:numéro:60007-12
  • Stéphane Frigon, M. Sc Travail Social/Maitre en criminologie/psychothérapeute. Membre de la Société Québécoise des Psychothérapeutes Professionnels (S.Q.P.P). Membre de l'Ordre des Travailleurs sociaux et thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec.
  • Julie-Edith Gauthier, Sexologue et psychothérapeute
  • Suren Gyumishyan, DESS psychologie clinique/psychothérapeute
  • Vera Heller, Ph.D. Thérapies expressives/ Travailleuse sociale, psychothérapeute/ Art-thérapeute/ Permis de l’Ordre des Psychologues # 60103-12
  • Linda Smith, B.Ps Psychothérapeute/ Baccalauréat en psychologie/Permis de l'Ordre des Psychologues # 60044-12